Les grandes enquêtes internationales consacrées au bien-être s’intéressent depuis peu à la place qu’occupent les convictions dans une existence. Leurs résultats convergent, sans pour autant faire de la foi un remède.
Ce que les croyances changent au quotidien
Le premier apport tient au sens. Lorsque vous parvenez à rattacher une épreuve à quelque chose de plus vaste que l’instant, vous encaissez mieux le choc, et la difficulté se transforme moins facilement en trouble installé. Ce sentiment de cohérence joue le rôle d’un amortisseur, en particulier dans les périodes de crise.
Les formes que prend cette recherche varient beaucoup d’une personne à l’autre. La prière, la méditation, la lecture de textes ou encore un accompagnement spirituel personnalisé répondent à une même attente, celle de comprendre et de tenir. Les travaux récents distinguent d’ailleurs la conviction intime des pratiques partagées, car les deux n’agissent pas par les mêmes voies.
Le rôle du collectif, souvent sous-estimé
Les enquêtes menées auprès de plus de deux cent mille personnes dans une vingtaine de pays associent nettement la fréquentation régulière d’un lieu de culte à un niveau de bien-être plus élevé. Le lien apparaît dans vingt et un pays sur vingt-trois, et il résiste à la prise en compte des autres facteurs habituels.
Ce que la pratique collective apporte se voit assez bien sur le terrain. Elle installe des rendez-vous réguliers, des visages familiers, une entraide qui ne se décrète pas. Or l’isolement amplifie les difficultés psychiques, alors que des relations stables jouent un rôle protecteur.
Une ressource qui a ses limites
Rien de tout cela ne fonctionne comme un traitement. Dans certains pays, l’écart s’efface dès lors que l’on tient compte de la participation à d’autres activités communautaires, ce qui rappelle le poids du lien social dans l’équation.
Toutes les manières de lire l’épreuve ne se valent pas non plus. Les personnes qui interprètent leur souffrance comme une punition portent une charge supplémentaire, et leur détresse s’en trouve renforcée plutôt qu’apaisée. La croyance accompagne, elle ne remplace pas un suivi médical lorsque celui-ci s’impose.
Reste une question que les prochaines vagues de ces enquêtes devraient éclairer, celle de savoir si la croyance produit le bien-être ou si elle accompagne des existences déjà mieux entourées.