Vaccin coqueluche pendant la grossesse : ce que toute future maman doit savoir

Chaque année en France, des nourrissons de moins de 3 mois sont hospitalisés en réanimation à cause de la coqueluche. Certains n’en réchappent pas. Ce n’est pas une maladie du passé : l’épidémie de 2024-2025 a rappelé brutalement que la bactérie Bordetella pertussis circule toujours, et que les tout-petits — trop jeunes pour être vaccinés — en payent le prix fort. La stratégie la plus efficace pour les protéger ? Vacciner la mère pendant sa grossesse.

La vaccination coqueluche en cours de grossesse reste pourtant méconnue, parfois source d’inquiétude pour les futures mamans. Voici ce que la science dit, et ce que les recommandations françaises préconisent concrètement.

Pourquoi vacciner contre la coqueluche pendant la grossesse ?

La fenêtre de vulnérabilité du nouveau-né

Un nourrisson ne peut recevoir sa première dose de vaccin hexavalent (qui contient la protection anticoquelucheuse) qu’à 2 mois. Entre la naissance et ce premier rendez-vous vaccinal, il est totalement démuni face à Bordetella pertussis. Or, c’est précisément dans cette tranche d’âge que la coqueluche est la plus meurtrière : quintes asphyxiantes, apnées, défaillance respiratoire.

La stratégie du cocooning — vacciner l’entourage adulte — a longtemps été la réponse. Elle reste utile, mais insuffisante : même si papa, mamie et la nounou sont à jour, un contact extérieur peut suffire à contaminer le bébé. La vaccination maternelle pendant la grossesse apporte une couche de protection directe, bien plus fiable.

💡 Notre conseil

Même si vous avez été vaccinée contre la coqueluche avant la grossesse, une nouvelle injection pendant chaque grossesse est recommandée. L’immunité décroît avec le temps et les anticorps transférés au bébé doivent être au maximum de leur titre.

Comment le vaccin protège le bébé avant sa naissance ?

Vaccinée entre la 20e et la 36e semaine d’aménorrhée (idéalement entre la 20e et la 32e SA), la future maman produit des anticorps maternels en grande quantité. Ces anticorps traversent le placenta et s’accumulent chez le fœtus, lui offrant une protection passive dès la naissance — avant même qu’il puisse monter sa propre réponse immunitaire.

Des études publiées au Royaume-Uni (programme lancé dès 2012) montrent une efficacité vaccinale de 91 % pour prévenir les cas confirmés chez les moins de 3 mois. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a intégré cette recommandation dans le calendrier vaccinal 2022, généralisée depuis.

91 %

d’efficacité du vaccin maternel contre la coqueluche chez les nourrissons de moins de 3 mois (données NHS, 2020)

⚠️ Calendrier, vaccin et sécurité : les réponses concrètes

Quel vaccin, à quel moment exact ?

Le vaccin utilisé est un vaccin combiné dTcaP (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, polio) — en France, Boostrix ou Repevax selon la disponibilité. Il ne contient pas de virus vivant, ce qui le rend compatible avec la grossesse sans risque d’infection.

  • Fenêtre idéale : entre 20 et 32 semaines d’aménorrhée, pour maximiser le transfert placentaire d’anticorps.
  • Au plus tard : jusqu’à la 36e SA si la vaccination a été retardée.
  • À chaque grossesse : même si la précédente date de 2 ou 3 ans — les anticorps transférables diminuent rapidement.
  • Remboursement : pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie sur prescription médicale.

La vaccination peut être réalisée par votre médecin, votre sage-femme (qui a le droit de prescrire et d’administrer ce vaccin depuis 2019), ou dans un centre de vaccination. Les centres de santé municipaux, notamment à Paris, proposent souvent des créneaux dédiés aux femmes enceintes.

✅ À retenir

Le vaccin coqueluche pendant la grossesse protège votre bébé dès la naissance, avant qu’il puisse être vacciné lui-même. Fenêtre recommandée : 20 à 32 semaines d’aménorrhée. Renouvelable à chaque grossesse, prescriptible par votre sage-femme.

Ce vaccin est-il sans danger pour la mère et le fœtus ?

La question revient systématiquement — et c’est légitime. Voici ce que les données de pharmacovigilance montrent après des millions de doses administrées au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie :

  • Pas d’augmentation du risque de prématurité, de fausse couche, ni de malformations congénitales.
  • Effets indésirables identiques à ceux hors grossesse : douleur et rougeur au point d’injection (très fréquent), fatigue passagère (fréquent), fièvre modérée (peu fréquent).
  • Aucun signal de sécurité sérieux n’a été identifié dans les bases de données de pharmacovigilance européenne (EudraVigilance) ou américaine (VAERS).

La HAS, l’OMS et le Collège National des Gynécologues-Obstétriciens Français (CNGOF) recommandent unanimement ce vaccin. Les risques de ne pas vacciner — pour le bébé — sont bien supérieurs aux effets indésirables connus du vaccin.

⚠️ À garder en tête

Le vaccin coqueluche pendant la grossesse ne remplace pas la vaccination de l’entourage (papa, grands-parents, frères et sœurs). La stratégie du cocooning reste complémentaire, surtout si la vaccination maternelle n’a pas pu se faire dans la fenêtre idéale.

Quand la vaccination maternelle ne suffit pas : la stratégie cocooning

Certaines situations appellent une vigilance renforcée. Si vous n’avez pas pu être vaccinée avant la 36e SA (hospitalisation, contre-indication temporaire, grossesse non suivie), le cocooning devient prioritaire.

1
Le père (ou co-parent)
S’il n’a pas reçu de rappel coqueluche dans les 10 ans, il doit se vacciner idéalement avant la naissance, ou dès la sortie de maternité.
2
Les grands-parents et fratrie
Tout adulte susceptible d’être en contact régulier avec le nourrisson dans ses premiers mois de vie doit vérifier son statut vaccinal.
3
Le personnel de santé et de la petite enfance
Obligatoirement à jour selon le calendrier vaccinal français — mais vérifiez quand même si votre crèche ou votre assistante maternelle sont bien à jour.

La coqueluche n’est pas la seule maladie à surveiller pendant la grossesse. Une alimentation adaptée joue aussi un rôle clé pour soutenir l’immunité : retrouvez des conseils concrets sur Nutrition et une sélection rigoureuse dans l’article Compléments alimentaires pour grossesse : lesquels prendre vraiment ? — certains micronutriments soutiennent directement la réponse immunitaire maternelle.

« La vaccination pendant la grossesse est l’une des avancées préventives les plus importantes pour la santé des nouveau-nés de la dernière décennie. »

— Haute Autorité de Santé, rapport 2022 sur le calendrier vaccinal

Questions fréquentes

Est-ce que le vaccin coqueluche pendant la grossesse est obligatoire en France ?

Non, il n’est pas obligatoire mais fortement recommandé par la Haute Autorité de Santé depuis 2022. Il est inscrit au calendrier vaccinal français et pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie sur prescription. Compte tenu de la mortalité infantile liée à la coqueluche chez les moins de 3 mois, la quasi-totalité des sociétés savantes de gynécologie-obstétrique en France le préconise à chaque grossesse.

Peut-on recevoir le vaccin coqueluche en même temps que le vaccin grippe pendant la grossesse ?

Oui, les deux vaccins sont coadministrables sans problème de sécurité ni de réponse immunitaire diminuée. Comme la vaccination antigrippale est aussi recommandée pendant la grossesse (quel que soit le trimestre), les regrouper en une seule consultation est pratique et efficace. Chaque vaccin est injecté sur un site différent — généralement un bras chacun.

Que se passe-t-il si j’ai déjà été vaccinée contre la coqueluche il y a 2 ans ?

Une vaccination antérieure ne dispense pas de la vaccination pendant la grossesse. L’objectif n’est pas simplement de vous protéger vous, mais de produire des anticorps en quantité suffisante pour les transférer au fœtus via le placenta. Ce transfert est maximal quand la vaccination est récente (idéalement entre 20 et 32 SA). La HAS recommande donc une injection à chaque grossesse, quel que soit le délai depuis la dernière dose.

La sage-femme peut-elle prescrire et injecter le vaccin coqueluche ?

Oui, depuis 2019 en France, les sages-femmes ont la compétence légale pour prescrire et administrer les vaccins recommandés pendant la grossesse, dont le dTcaP contre la coqueluche. Vous pouvez donc vous faire vacciner directement lors d’une consultation de suivi de grossesse, sans passer par un médecin généraliste ou un centre de vaccination.

Combien de temps la protection conférée au bébé dure-t-elle après la naissance ?

Les anticorps maternels transférés au bébé persistent en général 2 à 3 mois après la naissance, avec un niveau protecteur qui décroît progressivement. Cette fenêtre couvre précisément la période la plus à risque, jusqu’à ce que le nourrisson reçoive ses propres vaccinations à 2 mois (première dose) et 4 mois (deuxième dose). La protection n’est pas absolue mais réduit très significativement le risque de forme grave.