Bexsero : quel vaccin est-ce et contre quoi protège-t-il ?

Une méningite à méningocoque peut tuer un enfant en moins de 24 heures. Ce chiffre brutal résume à lui seul pourquoi le vaccin Bexsero a fait l’objet d’autant d’attention depuis son autorisation en Europe en 2013. Pourtant, beaucoup de parents ignorent encore exactement contre quoi il protège, à qui il s’adresse et comment l’administrer correctement.

Bexsero est le premier vaccin efficace contre le méningocoque de groupe B — la souche la plus répandue en France et dans la majorité des pays européens. Voici ce qu’il faut savoir, sans jargon inutile.

Ce que Bexsero protège vraiment

Le méningocoque de groupe B : un danger sous-estimé

Les bactéries Neisseria meningitidis existent en plusieurs sérogroupes. En France, le groupe B représente environ 60 à 70 % des infections invasives à méningocoque recensées chaque année. Ces infections — méningites purulentes, septicémies fulminantes — frappent surtout les nourrissons de moins d’un an et les jeunes adultes entre 15 et 24 ans.

Avant Bexsero, aucun vaccin ne ciblait efficacement ce groupe B. Les vaccins contre les groupes C, A, W et Y existaient déjà, mais le groupe B résistait à l’approche classique basée sur la capsule polysaccharidique. GSK a contourné le problème grâce à la vaccinologie inverse : analyser le génome de la bactérie pour identifier des protéines de surface immunogènes.

Ce que contient le vaccin

Bexsero est une suspension injectable qui associe quatre composants antigéniques :

  • La protéine NHBA (facteur liant l’héparine)
  • La protéine NadA (adhésine A du méningocoque)
  • La protéine fHbp (protéine liant le facteur H)
  • Les vésicules membranaires extérieures (OMV) de la souche NZ98/254

Ces quatre antigènes combinés couvrent la majorité des souches circulantes du groupe B. L’efficacité réelle observée dans les études post-commercialisation au Royaume-Uni — où la vaccination est intégrée au calendrier national depuis 2015 — avoisine 75 % de protection contre les cas invasifs chez les nourrissons.

À qui s’adresse Bexsero

Les nourrissons en priorité

Le schéma de vaccination recommandé en France pour les nourrissons suit cette logique :

  • Deux doses primaires à 2 mois et 4 mois
  • Une dose de rappel entre 12 et 15 mois

Ce schéma en 2+1 est celui retenu par le calendrier vaccinal français depuis que la Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé Bexsero en 2021 pour les nourrissons à partir de 2 mois. La vaccination n’est pas obligatoire en France, contrairement aux 11 vaccins du calendrier de base — mais elle est fortement recommandée.

Un nourrisson qui commence plus tard peut toujours recevoir Bexsero : entre 4 et 6 mois, on passe à 3 doses primaires plus un rappel. La règle générale reste simple — commencer tôt réduit le nombre total de doses nécessaires.

Enfants, adolescents et adultes

Bexsero est autorisé dès l’âge de 2 mois sans limite d’âge supérieure. Pour les enfants de 2 à 10 ans qui n’ont pas été vaccinés en bas âge, deux doses espacées de 2 mois suffisent. Chez les adolescents et les adultes, le même schéma à deux doses s’applique.

Certaines populations sont particulièrement concernées :

  • Les personnes atteintes d’asplénie (absence de rate) ou de déficit en complément
  • Les étudiants en internat ou en résidence universitaire, où la promiscuité favorise la transmission
  • Les voyageurs se rendant dans des zones d’endémie
  • Les personnes immunodéprimées, après avis médical

Le médecin ou le pharmacien vaccinateur peut administrer Bexsero directement en officine depuis l’extension des compétences vaccinales en France.

Comment se déroule la vaccination

Forme et administration

Bexsero se présente en seringue préremplie de 0,5 mL, avec aiguille séparée. Chaque dose fait 0,5 mL, quelle que soit l’âge du patient. L’injection se fait par voie intramusculaire, de préférence dans la face antérolatérale de la cuisse chez les nourrissons, dans le deltoïde chez les enfants plus grands et les adultes.

Avant l’injection chez un nourrisson, les recommandations préconisent l’administration préventive de paracétamol — et non d’ibuprofène — pour limiter les réactions fébriles fréquentes avec ce vaccin. Le lait maternel reste la meilleure réassurance après la piqûre : la tétée calme la douleur de manière démontrée.

Peut-on co-administrer Bexsero avec d’autres vaccins ?

Oui. Les études cliniques ont montré que Bexsero peut être administré simultanément avec les vaccins hexavalents (DTCaP-Hib-HepB), le vaccin pneumococcique conjugué et le vaccin contre les rotavirus. La réponse immunitaire aux différents antigènes reste satisfaisante, bien qu’une légère augmentation des réactions fébriles ait été observée lors de la co-administration.

À noter : si vous donnez du paracétamol en prévention avant la vaccination, cela peut légèrement réduire la réponse immunitaire à certains antigènes du vaccin hexavalent — un point débattu dans la littérature, mais jugé cliniquement peu significatif par les autorités de santé. Pour une lecture complémentaire sur la gestion des symptômes infectieux courants chez le nourrisson, l’article Remèdes naturels contre la gastro : ce qui marche vraiment offre une perspective utile sur les approches non médicamenteuses.

Contre-indications et effets indésirables

Qui ne doit pas recevoir ce vaccin

Les contre-indications de Bexsero sont limitées :

  • Allergie connue à l’un des composants du médicament (dont l’hydroxyde d’aluminium utilisé comme adjuvant)
  • Réaction anaphylactique à une dose précédente
  • Maladie fébrile aiguë sévère — dans ce cas, on reporte simplement la vaccination

La grossesse n’est pas une contre-indication formelle, mais les données restent limitées. En cas de risque élevé (déficit immunitaire, asplénie), le médecin pèse le bénéfice/risque individuellement. L’allaitement ne contre-indique pas la vaccination.

Les effets secondaires courants

Bexsero génère plus de réactions locales que la plupart des autres vaccins. C’est en partie lié à la présence des OMV et de l’adjuvant aluminique. Les effets les plus fréquents chez les nourrissons :

  • Douleur et rougeur au site d’injection (très fréquentes, > 1 cas sur 10)
  • Fièvre ≥ 38 °C (fréquente)
  • Irritabilité, pleurs inhabituels dans les 6 heures suivant l’injection
  • Perte d’appétit temporaire

Ces réactions disparaissent généralement en 24 à 48 heures. Les effets graves sont rares : moins d’un cas sur 10 000 pour les réactions anaphylactiques. La surveillance en cabinet ou en officine pendant 15 minutes après l’injection reste recommandée.

Bexsero dans le calendrier vaccinal français

Depuis la recommandation de la HAS en 2021, Bexsero fait partie des vaccins recommandés — mais pas obligatoires — pour tous les nourrissons. Le remboursement par l’Assurance Maladie à hauteur de 65 % a été accordé, ce qui ramène le reste à charge à environ 15 euros par dose après prise en charge mutuelle pour la plupart des assurés.

La couverture vaccinale contre le méningocoque B reste nettement inférieure à celle des vaccins obligatoires : environ 30 % des nourrissons français reçoivent Bexsero selon les dernières estimations de Santé publique France. C’est peu, comparé aux 90 %+ atteints au Royaume-Uni où la vaccination est intégrée au programme national financé à 100 %.

Pour les personnes qui s’interrogent sur la place des vaccins dans une approche globale de la santé, une bonne Nutrition et un système immunitaire bien soutenu restent complémentaires à la protection vaccinale — mais ne la remplacent pas. Aucun aliment ni complément n’offre une protection équivalente contre le méningocoque B.

Questions fréquentes

Bexsero est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, depuis 2022, Bexsero est remboursé à hauteur de 65 % par l’Assurance Maladie pour les nourrissons jusqu’à 2 ans. Le prix d’une dose est d’environ 100 euros. La plupart des mutuelles prennent en charge une partie ou la totalité du reste à charge. Au-delà de 2 ans, le remboursement dépend de l’indication médicale.

Quelle différence entre Bexsero et les vaccins méningococciques ACWY ?

Bexsero cible exclusivement le méningocoque de groupe B, responsable de la majorité des cas en France. Les vaccins ACWY (comme Nimenrix ou Menveo) protègent contre les groupes A, C, W et Y, plus fréquents en Afrique subsaharienne ou dans certains pays à risque. Ces deux types de vaccins sont complémentaires et peuvent être administrés dans le même schéma vaccinal.

Combien de temps dure la protection offerte par Bexsero ?

La durée exacte de la protection n’est pas encore totalement établie. Les études de suivi montrent que les anticorps persistent au moins 4 à 5 ans après la vaccination complète. Un rappel supplémentaire à l’adolescence est actuellement à l’étude dans plusieurs pays, mais n’est pas encore recommandé en France à ce stade.

Peut-on administrer Bexsero à un enfant de 5 ans qui n’a pas été vacciné bébé ?

Oui. Chez les enfants de 2 à 10 ans non vaccinés antérieurement, le schéma est de deux doses espacées d’au moins deux mois, sans rappel. La vaccination reste utile à tout âge car le risque d’infection invasive à méningocoque B ne disparaît pas après la petite enfance — un second pic de fréquence existe chez les 15-24 ans.

Faut-il donner du paracétamol avant ou après l’injection de Bexsero ?

Les recommandations françaises préconisent une dose prophylactique de paracétamol (15 mg/kg) donnée immédiatement après l’injection chez le nourrisson, puis renouvelée toutes les 6 heures pendant 24 heures si besoin. L’administration avant l’injection n’est pas recommandée en routine car elle pourrait légèrement réduire la réponse immunitaire. L’ibuprofène n’est pas conseillé avant 6 mois.