Vaccin contre le zona : qui doit se faire vacciner et comment ?

Le zona touche environ 1 Français sur 4 au cours de sa vie. Passé 50 ans, ce chiffre grimpe, et la complication la plus redoutée — la névralgie post-zostérienne, une douleur chronique qui peut durer des mois — devient nettement plus fréquente. La bonne nouvelle : un vaccin efficace existe. La mauvaise : trop peu de personnes savent qu’elles peuvent (ou devraient) y avoir recours.

Le sujet n’est pas si simple, parce que deux vaccins ont coexisté sur le marché. L’un est largement dépassé, l’autre change vraiment la donne. Voici ce qu’il faut comprendre avant de prendre un rendez-vous chez son médecin.

Les deux vaccins contre le zona : Zostavax vs Shingrix

Zostavax, le vaccin vivant atténué

Zostavax est apparu en 2006. C’est un vaccin à virus vivant atténué — il contient une version affaiblie du virus varicelle-zona. Administré en une seule injection, il réduisait le risque de zona d’environ 51 % et le risque de névralgie post-zostérienne de 67 % chez les adultes de 60 à 69 ans. Pas négligeable, mais ces chiffres baissaient avec l’âge et l’efficacité s’érodait après 5 à 8 ans.

Autre point noir : Zostavax est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées, justement celles qui présentent le risque le plus élevé. En France, ce vaccin n’est plus commercialisé depuis 2024. Il reste mentionné ici pour comprendre l’évolution des pratiques, pas pour le recommander.

Shingrix, le vaccin recombinant adjuvanté

Shingrix a obtenu son autorisation de mise sur le marché européen en 2018. C’est un vaccin recombinant — il ne contient pas de virus vivant, mais une protéine de surface (la glycoprotéine E) du virus, associée à un adjuvant puissant (AS01B) qui stimule la réponse immunitaire.

91 %

d’efficacité de Shingrix contre le zona chez les 50 ans et plus (essais cliniques ZOE-50 et ZOE-70)

Le schéma vaccinal comprend deux doses, espacées de 2 à 6 mois. C’est plus contraignant qu’une injection unique, mais l’efficacité sur 10 ans reste élevée — autour de 85 % — sans déclin marqué. Et contrairement à Zostavax, Shingrix peut être administré aux personnes immunodéprimées, ce qui change radicalement les recommandations.

🔬 Zostavax 💉 Shingrix
Virus vivant atténué
1 seule dose
~51 % d’efficacité
Contre-indiqué si immunodépression
Plus commercialisé en France
Vaccin recombinant adjuvanté
2 doses (M0 + M2 à M6)
~91 % d’efficacité
Utilisable chez les immunodéprimés
Remboursé pour certains profils

⚠️ Qui devrait se faire vacciner et dans quelles conditions ?

Les recommandations officielles en France

La Haute Autorité de Santé (HAS) a mis à jour ses recommandations en 2024 suite à la disparition de Zostavax. Shingrix est désormais recommandé pour :

  • Les personnes de 65 ans et plus, en primo-vaccination ou après un épisode de zona
  • Les adultes de 18 ans et plus immunodéprimés — greffes d’organes, hémopathies malignes, traitements immunosuppresseurs au long cours, infection VIH avec CD4 bas
  • Les adultes à partir de 50 ans présentant des comorbidités augmentant le risque de zona sévère (diabète, insuffisance rénale chronique, BPCO)

La vaccination reste possible même si la personne a déjà eu un zona. Le système immunitaire garde une mémoire partielle, mais une recontamination est possible, surtout chez les personnes âgées.

💡 Notre conseil

Si vous avez entre 50 et 64 ans sans facteur de risque particulier, parlez-en quand même à votre médecin. Certaines mutuelles remboursent Shingrix sur prescription, et l’intérêt préventif est réel, même si la recommandation officielle commence à 65 ans.

Effets secondaires : ce à quoi s’attendre vraiment

Shingrix déclenche une réaction immunitaire robuste — et ça se sent. Les effets secondaires locaux et généraux sont plus fréquents qu’avec beaucoup d’autres vaccins. Ce n’est pas un signe que quelque chose se passe mal ; c’est l’adjuvant AS01B qui fait son travail.

Les effets les plus rapportés après chaque dose :

  • Douleur au site d’injection : chez 78 % des vaccinés selon les essais cliniques
  • Fatigue et myalgies (courbatures) pendant 1 à 3 jours
  • Céphalées, frissons, fièvre modérée
  • Rougeur et gonflement local

Ces effets sont généralement plus marqués après la deuxième dose. Ils disparaissent en 48 à 72 heures. Prévoir une journée calme après l’injection n’est pas du luxe, surtout pour les personnes plus âgées.

⚠️ À garder en tête

Shingrix ne doit pas être administré pendant une grossesse. Si vous êtes enceinte ou envisagez de l’être dans les mois à venir, reportez la vaccination. Les réactions anaphylactiques sont très rares (< 1/100 000), mais comme pour tout vaccin, restez 15 minutes en observation après l’injection.

Remboursement et accès au vaccin

Depuis le 1er janvier 2024, Shingrix est inscrit sur la liste des vaccins remboursables par l’Assurance Maladie pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour les adultes immunodéprimés à partir de 18 ans. Le taux de remboursement est de 65 %, le reste étant généralement pris en charge par les mutuelles complémentaires.

Le vaccin s’obtient sur prescription médicale, en pharmacie. L’injection peut être réalisée par un médecin, un infirmier ou directement en pharmacie (les pharmaciens sont habilités à vacciner en France depuis 2021). L’intervalle entre les deux doses doit être de 2 mois minimum, sans dépasser 6 mois.

✅ À retenir

Shingrix est le seul vaccin contre le zona disponible en France depuis 2024. Deux doses espacées de 2 à 6 mois. Efficacité à 91 %. Recommandé dès 65 ans (ou dès 50 ans en cas de facteur de risque). Remboursé à 65 % pour les profils prioritaires.

Le zona, la maladie que le vaccin prévient

Pourquoi le zona réapparaît des décennies après la varicelle

Le virus varicelle-zona (VZV) ne disparaît pas après la guérison de la varicelle. Il reste dormant dans les ganglions nerveux dorsaux, parfois pendant 50 ou 60 ans. Quand le système immunitaire s’affaiblit — avec l’âge, le stress, une maladie, un traitement — le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf vers la peau. C’est le zona.

La manifestation typique : une éruption de vésicules douloureuses en bande unilatérale, souvent sur le tronc (zona thoracique) ou sur le visage (zona ophtalmique, le plus dangereux). La douleur précède l’éruption de 2 à 4 jours, ce qui retarde souvent le diagnostic.

La complication redoutée, la névralgie post-zostérienne, touche 10 à 15 % des personnes après un épisode de zona — et jusqu’à 30 % des plus de 70 ans. Ces douleurs neuropathiques, parfois invalidantes, peuvent persister des mois ou des années après la guérison des lésions cutanées. Elles résistent souvent aux antalgiques classiques et nécessitent des traitements spécifiques.

Prendre soin de son immunité joue un rôle dans la prévention — une Nutrition équilibrée et un sommeil de qualité contribuent à maintenir les défenses naturelles. Mais face à la réactivation du VZV, ces mesures seules ne suffisent pas. C’est là que le vaccin prend tout son sens.

Pour les infections digestives qui peuvent aussi fragiliser l’organisme, des approches comme les Remèdes naturels contre la gastro : ce qui marche vraiment peuvent compléter une hygiène de vie globale — sans remplacer les vaccinations recommandées.

1
Consulter son médecin ou pharmacien
Vérifiez votre éligibilité et obtenez une prescription. Le vaccin est accessible en pharmacie sous ordonnance.
2
Première injection
Réalisée par un professionnel de santé habilité. Planifiez une journée allégée le lendemain au cas où les effets secondaires se manifestent.
3
Deuxième injection (entre M2 et M6)
Ne pas dépasser 6 mois entre les deux doses. Le schéma complet est indispensable pour bénéficier de la protection maximale.

Le zona n’est pas une fatalité liée au vieillissement. Avec un vaccin efficace à plus de 90 %, disponible en pharmacie et remboursé pour les profils à risque, la question n’est pas vraiment de savoir si ça vaut le coup — c’est de savoir si votre médecin vous en a déjà parlé.